Junk - Chapitre 14, Lily.

Tout est gratuit. C'est un secret.
Une seule chose n'est pas gratuite : vous. Pourtant, vous faites tout ce qu'on vous dit de faire. Vous restez assis dans votre coin jusqu'à ce qu'on vous crie : "Debout !" Puis vous attendez sagement qu'on vous commande : "En avant, marche !"
Peut être que vous aimez ça, après tout. C'est facile. Il n'y a rien à faire. Pas besoin de réfléchir, pas besoin de sentiments.
Des fois, je me demande comment mes pieds collent encore à cette planète. Ils ont tout fait pour me retenir... ma mère, mon père, l'école. Ils m'ont mise dans des maisons de correction avec des types sympa, ils m'ont mise dans des maisons de correction avec des salauds. Qui m'ont fait subir des trucs dont je ne veux même pas vous parler. Mais ça va.
Et vous ?
C'est du contrôle mental, vous voyez ? Il faut aller à l'école, réussir ses examens, faire des études supérieures, décrocher un boulot, se marier, ne pas rater la coche, et surtout ne pas traîner, sinon on fout sa vie en l'air. Et ça commence le jour de notre naissance. La moindre seconde de notre vie est surveillée. Quand vous aurez des enfants, ils leur feront croire qu'il faut porter un masque en plastique et se mettre un penny dans le nez pour respirer.
Écoutez tante Lily : elle a compris comment faire.
L'air est gratuit. Ah bon, vous le saviez ? Tant mieux. Très bien. La nourriture est gratuite. Ah, ça vous ne saviez pas ? Alors, écoutez.
D'abord, il faut trouvez le magasin gratuit. Sortez de chez vous et marchez dans la rue. Vous allez bien finir pas le rencontrer. Vous ne pouvez pas le rater. S'il est grand, il s'appelle Sainsbury, Tesco ou Morrison ; s'il est petit, ce sera plutôt Smith, Scholl ou Singh. Bref. De toute façon, le nom n'a aucune importance. Ce qui compte, c'est qu'à l'intérieur il y ait de la nourriture partout : sur les rayons, en piles par terre, dans des cartons, des sachets, de boîtes. Prenez ce qui vous fait plaisir, et voilà, c'est à vous.
Pour cela, il suffit d'entrer et de faire un petit tour pour repérer les articles que vous voulez. De les mettre sous votre manteau ou dans votre sac, de les ramener chez vous et de vous régaler.
Vous pensiez qu'il fallait aller à l'école, être instruit, apprendre un métier, travailler, recevoir un salaire, se rende au magasin avec son argent, et le donner au monsieur en échange de la nourriture, c'est ça ?
Vous écoutez trop ce qu'on vous dit.
Après, vous verrez des magasins gratuits partout. Mais attention : dedans, il y a très souvent quelqu'un qui considère que la nourriture lui appartient. Il faut donc se rendre invisible.
Ca aussi, c'est facile. On est ce qu'on veut être. C'est un grand secret. Vous êtes magique ! Vous êtes génial ! Vous êtes ce que vous voulez être. Croyez-moi !
Libérez la nourriture ! Yeah !
Si jamais l'une de ces personnes qui considèrent que la nourriture leur appartient vous surprend, inutile de discuter : elles sont trop bornées. Il vaut mieux prendre ses jambes à son cou. Mais peut être qu'une fois - le jour où votre pouvoir magique sera en panne - vous vous ferez attraper. Dans ce cas, on vous emmène au commissariat, puis au tribunal. Si vous avez de l'argent, on vous fait payer une amende. Si vous n'en avez pas, on vous condamne à des travaux d'intérêt général. Arrangez-vous pour que ça ne se produise pas trop souvent. Toutes ces histoires sur les prisons, c'est encore une forme de contrôle mental. Je connais des gens qui ne se sont jamais fait prendre en plusieurs années. Mais si ça vous arrive, réfléchissez bien : les travaux d'intérêt général, c'est quoi ? Quarante ou cent heures. Et l'alternative, c'est quoi ? Aller au boulot tous les jours et sa vie. A votre avis, c'est quel genre de sentence, ça ?
Des fois, je me mets à ma fenêtre et je vois les gens honnêtes courir au travail, revenir du travail, aller apprendre à travailler... Et j'ai envie de leur crier : "Eh ! Écoutez-moi ! Ça ne marche pas comme ça ! Ça ne marche pas comme ça !"
Je ne l'ai jamais fait. C'est inutile. Ils sont trop lourds à secouer. Je suis si différente d'eux qu'ils ne me voient même pas.

Vous voulez que je continue ? Très bien. Bientôt, vous saurez tout.
On est libre de faire ce qu'on veut.
Vous ne me croyez pas. Vous vous dites : "Elle est folle" Oui, je suis folle - de moi. Et vous, vous êtes quoi ? Vous êtes fou d'eux. Vous ne vous en rendez pas compte. Je parie que vous n'avez même jamais eu l'occasion de savoir. Souvenez-vous, quand on est petit, ils passent leur temps à nous répéter : "Méchante fille, méchant garçon", tout ça parce qu'on a cassé quelque chose ou dit un gros mot. Dans leur bouche, ça veut dire : "Tu n'es pas quelqu'un de bien."
Mais c'est faux, on a fait quelque chose de pas bien, c'est tout. On ne devient pas mauvais pour autant. Vous êtes fantastique. Vous êtes merveilleux, tout ce que vous faites est merveilleux, uniquement parce que vous le faites. Vous êtes assez solide, je vous le jure. On peut faire des choses pas bien et savoir qu'elles ne sont pas bien, on peut faire des choses bien et savoir qu'elles sont bien, mais ça n'a rien à voir avec ce qu'on est réellement. On reste soi-même.
Écoutez ça : on peut être ce qu'on veut. Mais attention ! C'est un pouvoir. C'est de la magie. Écoutez bien cette formule magique : on peut être ce qu'on veut, on peut faire ce qu'on veut, on peut être ce qu'on veut, on peut faire ce qu'on veut. Laissez-vous bercer par ces douces paroles.
Vous êtes... tout le monde et personne. Vous êtes ce que vous voulez être. Et quand on reste soi-même, même si on mange des trucs mauvais, ils ont bon goût, juste parce qu'on les mange. On peut même leur lécher le cul, si nécessaire. Vous avez déjà écouté les profs, les parents, les hommes politiques ? Ils disent : "Si tu voles, tu es un voleur, si tu couches, tu es une pute, si tu prends de la drogue, tu es un junkie." Ils cherchent à infiltrer votre cerveau et à vous contrôler par la peur.
Vous pensez peut être que vos parents vous aiment. Pourtant, si vous faites des choses pas bien, ils essayeront de vous détruire, comme les miens m'ont détruite. C'est la punition pour être soi-même. Il ne faut pas jouer leur jeu. Tout ce qu'ils racontent n'a rien à voir avec vous : vous êtes fantastique.
J'ai tout fait. Tout. Tout ce que vous pouvez imaginer, je l'ai fait. Tout ce que vous n'avez jamais osé faire, tout ce dont vous rêviez, tout ce qui vous faisait envie, mais que vous avez aussitôt oublié en vous disant que vous n'auriez jamais le courage... Je les ai faites hier, pendant que vous dormiez.
Et vous ? Votre tour, c'est quand ?

Junk - Chapitre 14, Lily.

# Posted on Wednesday, 11 November 2009 at 8:04 AM

Un signe que l'un sans l'autre on est rien.

Un signe que l'un sans l'autre on est rien.

Je ne cherche pas à comparer mon amour aux autres, c'est quelque chose dont je n'ai plus besoin, parce que pour la première fois, cet amour est véritable, et dans toute sa splendeur, je le contemple sagement, assise près de lui, à la regarder dormir paisiblement, sainement heureux. Enfin heureux. L'amour c'est cela. Goûter chaque seconde qui passe comme étant la dernière que l'on pourrait passer sur cette terre. Vivre pleinement l'instant présent. L'amour c'est aussi se rendre compte par moment, lorsque l'on plonge notre regard dans l'immensité d'un autre regard amoureux, que la vie est une chose précieuse, magique, et que nous avons de la chance de pouvoir chercher à la savourer. Même si parfois les ténèbres nous engloutissent. Il existe toujours un moyen de s'extirper du gouffre.
L'amour, c'est trouver ce moyen.

# Posted on Wednesday, 04 November 2009 at 8:24 AM

Effleurer.

Effleurer.


Hier soir, à 23h12, je me suis aperçue que photiquement, "mésange", ça donnait "mes anges".


# Posted on Saturday, 24 October 2009 at 6:24 AM

Edited on Monday, 26 October 2009 at 5:22 AM

J'aime ça, les idées qui passent, repassent et nous dépassent.

 J'aime ça, les idées qui passent, repassent et nous dépassent.


Danse avec moi, fais-moi tourner, tourbillonner, chavirer, tomber ; fais-moi danser, avec toi, dans
tes bras, laisse-moi basculer, passer de l'autre côté, laisse-moi tomber, bouscule mon corps, bouge
mes hanches ; enlace-moi puis envoie-moi valser, embrasse-moi puis fais-moi tomber.
Allez, danse avec moi, encore une fois, rien qu'une dernière fois. Fais-moi mal, que je ne puisse
plus te pardonner. Fais-moi mal que je ne puisse plus t'aimer. Fais-moi mal, à en crever.


# Posted on Monday, 28 September 2009 at 4:08 PM

Edited on Wednesday, 11 November 2009 at 8:12 AM